Non à la campagne d’affolement sur les retraites !
ARNAUD BOUSQUET : On a le même âge et je ne sais pas vous, mais moi, j’ai peur pour ma retraite avec les chiffres avancés ces jours-ci : 30 milliards pour les financer en 2010,
70 milliards en 2050. En 2050 on aura quelque chose comme 73 ans. Vous croyez qu’on travaillera encore ?
LAURENT GRANDGUILLAUME : Ça dépend des politiques qui sont menées ! Il y a une campagne d’affolement en ce moment sur le déficit du système de retraites. Prévoyons des recettes nouvelles.
Par exemple, il y a 70 milliards d’Euros par an de niches fiscales et de bouclier fiscal. Il y a aussi la possibilité de taxer les flux financiers. Mais sur l’âge minimum de départ à la retraite,
je ne veux pas qu’on remette en cause les 60 ans parce-que c’est un acquis social important et ça pénaliserait ceux qui ont commencé à travailler tôt, notamment les ouvriers et les
employés.
Vous êtes comme votre ancien camarade socialiste Jean-Luc Mélenchon. Pour lui, c’est évidemment la faute des médias et du gouvernement qui sont alarmistes. C’est un faux-problème le
financement des retraites ?
Ce n’est pas un faux-problème et c’est une vraie question à laquelle on peut répondre différemment. L’UMP souhaite y répondre de manière brutale en faisant peser le financement des retraites sur
ceux qui travaillent déjà durement. Il faut de la sérénité dans le débat et ne pas précipiter les choses. On peut s’y consacrer quelques mois avec les partenaires sociaux et ceux qui financent
les retraites de manière à ce qu’on puisse prendre des décisions collectives qui nous engagent tous pour l’avenir.
Le Parti Socialiste, grand gagnant des Législatives de 97 et en 2002 Lionel Jospin ne passe pas le 1er tour de la Présidentielle. 2004, le PS grand vainqueur des Régionales et 3 ans plus
tard, Nicolas Sarkozy est nettement élu à l’Elysée. Donc logiquement, je me demandais si le fait de gagner les Régionales, ça n’était pas la pire des choses qui pouvait vous arriver en prévision
de la Présidentielle de 2012 ?
Pas du tout parce-que la victoire aux Régionales permet à François Patriat de prendre des mesures qui protègent les habitants dans cette période de crise. Lorsqu’on est unis au plan local, on
gagne les élections. Lorsqu’on est désunis au plan national, on perd les élections. Donc soyons unis, ayons un programme qui fédère et un candidat qui rassemble. Il faut rester humble. Au PS
aujourd’hui, il y a des bases solides. Nous allons maintenant travailler sur l’élaboration du programme présidentiel à travers des conventions nationales qui vont associer les militants du PS et
des experts. Il faut prendre exemple sur ce que nous faisons dans les collectivités que nous gérons avec des actions concrètes pour la population. Et voyons à partir de ça ce qui peut être
réalisé au niveau national. Nous n’arriverons à convaincre les ouvriers, les employés ou les instituteurs de voter pour nous que si nous sommes en capacité de montrer en quoi le vote socialiste
permettra d’améliorer leur quotidien.
Vos amis messieurs Montebourg ou Bartolone, à la présidence de Conseils Généraux, vous coupent l’herbe sous le pied et ne vous rendent pas vraiment service parce qu’à force d’expliquer
qu’ils n’ont plus les moyens de faire marcher les Départements, ils excusent de facto le bilan à la tête de la Côte d’Or de François Sauvadet que vous pourriez attaquer…
Non parce-que François Sauvadet laisse penser que tout va bien au Conseil Général. Alors qu’on sait bien que les dépenses sociales augmentent du fait de la crise. Et en même temps, il a voté une
réforme qui diminue les ressources du Département. Alors il est un peu coincé. Il ne va pas expliquer aux Côte d’Oriens que la réforme qu’il a votée met en difficulté le Conseil Général ! Il
aurait pu faire des choix différents. Lorsqu’il diminue les subventions des foyers ruraux, des centres sociaux, de l’ACODEGE, ça entraîne de graves difficultés pour les associations qui en plus
créent des emplois dans le département. Ce sont des choix dogmatiques qu’il assume.
Dijon V, votre terre d’élection, est un canton très urbain avec notamment le quartier de la Fontaine d’Ouche mais aussi de toutes petites communes comme Corcelles-les-Monts. Pas d’école,
un unique commerce tenu par une gaillarde septuagénaire… Qu’est-ce que vous pouvez faire, en tant que conseiller général, pour éviter que ce type de village ne deviennent d’horribles cités
dortoirs sans âme, sans service public et sans vie ?
Au contraire, il y a, à Corcelles, une équipe municipale dynamique que j’aide lorsqu’elle va chercher des subventions pour développer la commune dans les domaines sportifs, culturels, et
d’investissement comme la bibliothèque rénovée récemment. C’est une commune qui peut justement tirer son épingle du jeu à condition que les collectivités la soutiennent.
Laurent Grandguillaume : conseil général côte d'or, elections cantonales dijon 5, conseil général cote d'or, conseil general cote d'or









