Les revenus tirés d’une location meublée relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), et non des revenus fonciers. Cette classification change la manière dont le revenu est déclaré, les abattements applicables et les charges déductibles. Deux régimes fiscaux coexistent, et le choix entre eux modifie directement le montant d’impôt dû chaque année.
Réintégration des amortissements à la revente : ce qui a changé en 2025
La loi de finances pour 2025 a introduit une règle qui affecte les propriétaires exploitant un bien en LMNP au régime réel. Les amortissements déduits pendant la période de location sont désormais réintégrés dans le calcul de la plus-value immobilière lors de la cession du bien.
Concrètement, un propriétaire qui a amorti son bien pendant plusieurs années réduit son revenu imposable chaque année. Mais au moment de la vente, le prix d’acquisition retenu pour calculer la plus-value est diminué du montant total des amortissements pratiqués. La plus-value taxable augmente d’autant.
Ce mécanisme existait déjà pour les loueurs en meublé professionnels (LMP). Son extension aux LMNP au régime réel change le calcul de rentabilité à long terme. Un investisseur qui prévoit de revendre dans quelques années doit comparer le gain fiscal annuel de l’amortissement avec le surcoût fiscal à la revente, ce qui rend l’analyse patrimoniale nettement plus complexe qu’avant. Pour approfondir les taux d’imposition sur Immo Factory, le détail des barèmes applicables y est présenté par régime.

Régime micro-BIC et abattement forfaitaire sur les revenus locatifs meublés
Le régime micro-BIC s’applique automatiquement en dessous d’un certain seuil de recettes annuelles. Son fonctionnement repose sur un abattement forfaitaire appliqué sur le chiffre d’affaires brut, censé couvrir l’ensemble des charges du propriétaire.
Pour une location meublée de longue durée (résidence principale du locataire), l’abattement est de 50 %. Le propriétaire déclare ses loyers, et l’administration fiscale calcule le revenu imposable après déduction automatique de la moitié.
Meublés de tourisme : des abattements revus à la baisse
La loi dite « Le Meur » (loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024) a modifié les règles pour les locations saisonnières. L’abattement applicable aux meublés de tourisme non classés a été réduit, rendant ce type de location fiscalement moins avantageux qu’une location meublée à l’année.
Les meublés de tourisme classés conservent un abattement plus élevé, mais les conditions de classement se sont durcies en parallèle. Les communes disposent désormais de pouvoirs renforcés pour encadrer les meublés de tourisme : enregistrement obligatoire, quotas, restrictions sur les changements d’usage.
La location meublée longue durée bénéficie d’un cadre fiscal plus stable que la location saisonnière, dont les avantages se réduisent progressivement.
Régime réel en location meublée : amortissement et déficit BIC
Le régime réel permet de déduire les charges réelles supportées par le propriétaire. Il devient obligatoire au-delà du seuil de recettes du micro-BIC, mais reste accessible sur option en dessous.
Les charges déductibles au régime réel comprennent notamment :
- Les intérêts d’emprunt liés à l’acquisition ou aux travaux du bien loué meublé
- Les frais de gestion, d’assurance, de comptabilité et les taxes foncières
- L’amortissement du bien immobilier, du mobilier et des équipements, étalé sur leur durée d’utilisation estimée
- Les travaux d’entretien et de réparation engagés dans l’année
L’amortissement constitue le levier principal du régime réel. Il permet de constater une charge comptable sans décaissement, réduisant le revenu imposable parfois jusqu’à zéro. Lorsque les charges excèdent les recettes, le déficit BIC généré est reportable sur les bénéfices de même nature des années suivantes.
Barème progressif de l’impôt sur le revenu et prélèvements sociaux
Les BIC issus de la location meublée s’ajoutent aux autres revenus du foyer fiscal. Ils sont soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu, dont les tranches vont de 0 % à 45 % selon le revenu net imposable global.
À cet impôt s’ajoutent les prélèvements sociaux au taux de 17,2 %, appliqués sur le revenu net de la location. Au total, la pression fiscale réelle sur un revenu locatif meublé peut dépasser 40 % pour un contribuable dans les tranches supérieures, ou rester proche de 17,2 % si le résultat BIC est ramené à zéro par les charges et amortissements au régime réel.

Statut LMNP ou LMP : le seuil de revenus ne suffit pas
Le statut de loueur en meublé non professionnel (LMNP) s’applique dès lors qu’au moins l’une des deux conditions suivantes est remplie : les recettes annuelles de location meublée du foyer fiscal sont inférieures à 23 000 euros, ou ces recettes sont inférieures aux autres revenus d’activité professionnelle du foyer.
Le passage au statut de loueur en meublé professionnel (LMP) suppose que les deux seuils soient franchis simultanément. La comparaison entre les loyers perçus et les revenus professionnels du foyer est souvent plus déterminante que le seul montant des recettes locatives.
Les conséquences du statut LMP sont significatives :
- Le déficit BIC devient imputable sur le revenu global du foyer, sans limitation de catégorie
- Les plus-values de cession relèvent du régime des plus-values professionnelles, avec possibilité d’exonération après une certaine durée d’activité
- Les cotisations sociales remplacent les prélèvements sociaux, ce qui augmente les charges mais ouvre des droits à la protection sociale
Un foyer dont les revenus professionnels fluctuent peut basculer d’un statut à l’autre d’une année sur l’autre, avec des conséquences fiscales parfois mal anticipées.
Le choix entre micro-BIC et régime réel, combiné au statut LMNP ou LMP, crée quatre configurations fiscales distinctes. Chaque combinaison produit un résultat d’imposition différent sur le même montant de loyers perçus. La variable la plus sous-estimée reste la durée de détention prévue : depuis la réforme de 2025, un investisseur en LMNP au régime réel qui revend rapidement peut voir l’avantage de l’amortissement entièrement neutralisé par la fiscalité de la plus-value.



